Pourquoi les frontières analytiques sont un problème central
Dans l’analyse du marché résidentiel de Casablanca, la question des frontières est souvent traitée de manière implicite. Les utilisateurs s’appuient sur des découpages administratifs, des appellations de quartiers ou des zones issues des plateformes d’annonces pour structurer leur lecture. Ces frontières visibles sont pourtant rarement celles qui organisent réellement le fonctionnement résidentiel.
Définir des frontières analytiques pertinentes consiste à identifier les limites au-delà desquelles les logiques résidentielles cessent d’être comparables.
Frontières administratives et frontières fonctionnelles
Les frontières administratives offrent un cadre commode mais insuffisant pour analyser le marché résidentiel. À Casablanca, des quartiers distincts administrativement peuvent partager des usages résidentiels proches, tandis que des zones contiguës peuvent relever de logiques profondément différentes.
L’analyse des annonces issues du dataset utilisé montre que la distribution spatiale de l’offre visible ne respecte pas systématiquement ces découpages officiels, révélant l’existence de frontières fonctionnelles non institutionnalisées.
Rôle des formes bâties dans la définition des limites
Les formes bâties constituent un indicateur structurant pour identifier des frontières analytiques. Les ruptures entre tissu ancien dense, ensembles planifiés récents ou zones à morphologie hétérogène correspondent souvent à des changements de fonctionnement résidentiel.
Ces ruptures morphologiques sont parfois plus déterminantes que la localisation géographique elle-même, car elles conditionnent les usages et la continuité résidentielle.
Usages résidentiels et continuité d’occupation
La continuité ou la discontinuité des usages résidentiels joue un rôle central dans la définition des frontières analytiques. Des zones caractérisées par une occupation durable fonctionnent différemment de secteurs marqués par une rotation plus élevée, même lorsqu’ils sont spatialement proches.
Les données d’annonces rendent plus visibles les zones à forte mobilité résidentielle, ce qui peut déplacer artificiellement les frontières perçues du marché.
Les biais induits par les données visibles
Les plateformes d’annonces structurent l’information selon des catégories standardisées et des périmètres simplifiés. Ces choix influencent directement la manière dont les frontières du marché sont perçues et reproduites dans les analyses.
Lire les frontières analytiques implique donc d’identifier ce que les données montrent, mais aussi ce qu’elles omettent systématiquement.
Frontières analytiques comme outils, non comme vérités fixes
Les frontières analytiques ne doivent pas être comprises comme des limites définitives ou universelles. Elles constituent des outils de lecture, adaptés à un objectif analytique donné et susceptibles d’évoluer selon l’échelle ou la question posée.
À Casablanca, reconnaître la nature construite de ces frontières permet d’éviter les généralisations excessives et les assimilations trompeuses entre sous-marchés résidentiels.
