Pourquoi la demande résidentielle est souvent mal interprétée
La demande résidentielle à Casablanca est fréquemment appréhendée à travers des indicateurs simplifiés, tels que le volume d’annonces ou la fréquence de mise sur le marché. Ces lectures rapides tendent à confondre demande exprimée, demande observable et usages résidentiels effectifs.
Cette page propose une lecture structurelle de la demande, en soulignant les limites des approches fondées uniquement sur les données visibles.
Demande exprimée et demande observée
La demande exprimée correspond aux recherches actives et aux interactions visibles sur les plateformes immobilières. Elle constitue une partie seulement de la demande résidentielle globale. La demande observée, telle qu’elle apparaît dans les annonces analysées dans le dataset utilisé pour Casablanca, reflète surtout les segments les plus mobiles du marché.
Une part significative de la demande résidentielle reste invisible, notamment celle liée aux occupations de long terme ou aux circuits non publiés.
Segmentation de la demande par usages résidentiels
La demande résidentielle à Casablanca se segmente avant tout par usages. Certains segments correspondent à une occupation permanente, ancrée dans la proximité des services, de l’emploi et des réseaux sociaux. D’autres relèvent d’usages plus flexibles ou intermittents, liés à des contraintes professionnelles, familiales ou spatiales.
Les données d’annonces mettent davantage en lumière les segments caractérisés par une rotation plus élevée, ce qui peut biaiser la perception globale de la demande.
Effets de la morphologie urbaine sur la demande
La structure de la demande varie fortement selon la morphologie des quartiers. Les zones centrales intégrées tendent à concentrer une demande continue et relativement stable, tandis que les zones périphériques ou spécialisées présentent des profils de demande plus discontinus.
Une lecture agrégée à l’échelle de la ville masque ces différences et conduit à des interprétations excessivement homogènes de la demande résidentielle.
Limites des indicateurs issus des annonces immobilières
Les annonces immobilières constituent une source précieuse pour observer certaines dynamiques, mais elles ne représentent pas l’ensemble de la demande. Elles privilégient les segments visibles, standardisés et comparables, au détriment des situations plus stables ou informelles.
Interpréter la structure de la demande résidentielle uniquement à partir de ces données revient à surestimer certains usages et à en invisibiliser d’autres.
