Pourquoi les narratifs médiatiques pèsent sur la lecture du résidentiel
Le marché résidentiel de Casablanca est régulièrement interprété à travers des récits médiatiques simplifiés, construits à partir de signaux visibles, d’exemples localisés ou de catégories facilement communicables. Ces narratifs tendent à transformer des observations partielles en explications générales.
Cette médiatisation du résidentiel produit un cadre de lecture qui privilégie le récit à la structure.
Du signal visible au récit généralisé
Les récits médiatiques s’appuient fréquemment sur des éléments immédiatement observables : concentration d’annonces dans certains quartiers, émergence de typologies standardisées ou changements ponctuels de visibilité. Ces signaux, extraits de leur contexte, deviennent le socle de narratifs englobants.
L’analyse du dataset d’annonces immobilières utilisé pour Casablanca montre que ces signaux reflètent avant tout des biais de visibilité et de rotation, et non des transformations structurelles du marché.
Effets de cadrage et homogénéisation du marché
En privilégiant des catégories simples et répétables, les narratifs médiatiques homogénéisent des sous-marchés qui fonctionnent selon des logiques distinctes. Des quartiers aux usages et temporalités différentes sont regroupés sous une même étiquette narrative.
Ce cadrage efface les frontières analytiques et renforce l’illusion d’un marché résidentiel unifié.
Temporalité médiatique et décalage analytique
La temporalité des récits médiatiques est courte et événementielle. Elle privilégie l’instantané et la nouveauté, au détriment des continuités résidentielles et des cycles longs d’occupation.
Ce décalage entre temporalité médiatique et temporalité résidentielle conduit à surinterpréter des variations ponctuelles et à ignorer des structures durables.
Confusion entre récit et fonctionnement du marché
Une erreur fréquente consiste à confondre la diffusion d’un récit médiatique avec une transformation effective du marché. La répétition d’un narratif ne constitue pas une preuve de changement structurel.
À Casablanca, cette confusion est renforcée par l’usage d’indicateurs visibles issus des annonces, utilisés comme supports narratifs plutôt que comme indices à contextualiser.
Les narratifs comme limite analytique
Dans une lecture institutionnelle rigoureuse, les narratifs médiatiques doivent être identifiés comme une limite analytique. Ils renseignent sur la perception publique du marché, non sur son fonctionnement réel.
Reconnaître cette limite permet de rétablir une distinction essentielle entre récit, visibilité et structure du résidentiel.
