Pourquoi la détention par des non-résidents est souvent mal interprétée
La détention immobilière par des non-résidents est fréquemment invoquée comme un facteur explicatif direct des dynamiques du marché résidentiel. Cette lecture tend à surévaluer le rôle du statut du détenteur dans le fonctionnement effectif des sous-marchés.
En réalité, le cadre applicable aux non-résidents définit des conditions juridiques générales, sans expliquer les usages résidentiels observés ni la structuration fine du marché.
Cadre général applicable à la détention immobilière
Au Maroc, la détention de biens immobiliers par des non-résidents s’inscrit dans un cadre légal national, qui fixe des principes généraux relatifs à la propriété, à l’enregistrement et aux limites de certains types de biens.
Ce cadre s’applique à Casablanca comme ailleurs, sans produire de règles spécifiques propres aux quartiers ou aux sous-marchés résidentiels.
Statut du détenteur et fonctionnement du marché résidentiel
Le statut résident ou non-résident du détenteur n’indique pas, à lui seul, la manière dont un logement est utilisé. Un bien détenu par un non-résident peut connaître une occupation continue, intermittente ou être intégré à des usages résidentiels stabilisés.
L’analyse du dataset d’annonces immobilières utilisé pour Casablanca montre que la visibilité des logements ne permet pas d’identifier le statut du détenteur, ni d’en déduire un mode de fonctionnement spécifique du sous-marché.
Visibilité dans les données et biais d’interprétation
Les annonces immobilières ne distinguent pas les biens selon le statut du détenteur. Cette absence d’information favorise des interprétations indirectes, souvent fondées sur des localisations ou des typologies perçues comme associées à des non-résidents.
Ces raccourcis analytiques conduisent à des assimilations trompeuses entre typologie, localisation et statut juridique du propriétaire.
Ce que le cadre de détention ne permet pas de conclure
Le périmètre légal de la détention par des non-résidents ne permet pas de conclure sur la pression résidentielle, la stabilité des usages ou la structuration des sous-marchés. Il ne fournit pas non plus d’indication directe sur la visibilité des logements dans les annonces.
Confondre cadre de détention et dynamique résidentielle revient à superposer des niveaux d’analyse distincts.
La détention par des non-résidents comme limite analytique
Dans une lecture institutionnelle rigoureuse, la détention par des non-résidents doit être comprise comme une limite analytique : elle définit un périmètre juridique, sans constituer un facteur explicatif autonome du fonctionnement du marché résidentiel.
À Casablanca, intégrer cette distinction permet d’éviter les généralisations excessives et les interprétations fondées sur des statuts plutôt que sur des usages.
