Pourquoi le temps est souvent mal intégré dans l’analyse
Le marché résidentiel de Casablanca est fréquemment analysé à partir de données observées sur des périodes courtes, voire à un instant donné. Cette approche instantanée donne l’illusion d’une lecture factuelle et actuelle, alors qu’elle néglige la dimension temporelle propre aux usages résidentiels.
Confondre un état ponctuel avec une structure durable constitue l’une des erreurs analytiques les plus répandues.
Instantané des annonces et temporalité résidentielle
Les annonces immobilières capturent des moments précis de mise en visibilité des logements. Elles reflètent des situations de transition, de rotation ou de remise en circulation, mais pas les états stables d’occupation.
L’analyse du dataset utilisé pour Casablanca montre que certains quartiers apparaissent de manière cyclique dans les annonces, tandis que d’autres restent absents sur de longues périodes, sans que cela traduise une transformation structurelle.
Confusion entre variation visible et changement structurel
Une variation du volume ou de la distribution spatiale des annonces est souvent interprétée comme un changement du marché résidentiel. Or, ces variations peuvent résulter de cycles normaux de mobilité, de saisonnalités ou de pratiques de publication.
À Casablanca, cette confusion conduit à surinterpréter des fluctuations de court terme et à leur attribuer une signification structurelle excessive.
Temporalités différenciées des sous-marchés
Les sous-marchés résidentiels ne partagent pas les mêmes temporalités. Certains sont caractérisés par une occupation durable et peu de renouvellement visible, tandis que d’autres connaissent des cycles de rotation plus rapides.
Comparer ces sous-marchés à partir d’un même instantané revient à ignorer leurs rythmes propres et à produire des lectures déséquilibrées.
Effets cumulatifs des lectures synchroniques
Les lectures synchroniques répétées, lorsqu’elles ne sont pas replacées dans une séquence temporelle, finissent par produire des narratifs trompeurs. Des situations transitoires deviennent des tendances supposées, et des cycles normaux sont interprétés comme des ruptures.
Ce phénomène est renforcé par la médiatisation des données visibles et par leur reprise hors contexte.
La lecture temporelle comme frontière analytique
Intégrer le temps dans l’analyse ne consiste pas à prévoir ou à projeter des évolutions, mais à reconnaître les limites des instantanés. La temporalité doit être utilisée pour contextualiser les observations, non pour produire des trajectoires.
À Casablanca, reconnaître cette frontière analytique permet d’éviter les erreurs de lecture temporelle et de mieux comprendre pourquoi certaines interprétations du marché échouent.
